Étude de faisabilité pour la création d’un projet piscicole à Baguinéda (Bamako, Mali)

Étude de faisabilité pour la création d’un projet piscicole à Baguinéda (Bamako, Mali)

Étude de faisabilité pour la création d’un projet piscicole à Baguinéda (Bamako, Mali)

Dr Hawa KONDO

hawa.kondo41@yahoo.com

Résumé : Cet article porte sur une étude de faisabilité pour la création d’une entreprise piscicole dans l’Office du Périmètre Irrigué de Baguinéda (OPIB). La pisciculture est une activité récente au Mali qui a besoin d’être développée.  Elle est très porteuse pour non seulement la pérennisation des espèces mais aussi pour la qualité des produits qu’elle apporte à la consommation. Elle est considérée comme la seule alternative dans le cadre du développement des ressources halieutiques et aquacoles au Mali. Créer une entreprise piscicole viable pour contribuer à l’autosuffisance alimentaire du Mali, faire une description du contexte de projet de création d’une entreprise piscicole et mettre à la disposition de la population malienne un document relatant une étude de faisabilité d’une entreprise piscicole, sont les objectifs assignés à cette étude. Pour un coût total de 510 720 000 FCFA, la richesse créée par le projet à 30% est estimée à 23 510 000 FCFA. Avec un délai de récupération du capital investi en moins d’un an, ce projet est jugé rentable selon les indicateurs.

Mots clés : Création, Faisabilité, Pisciculture, Indicateur, Baguinéda

L’économie du Mali est dominée par le secteur primaire notamment l’agriculture, l’élevage et la pêche. Les autres secteurs, l’industrie, et le commerce restent encore sous-développés ou mal exploités. Le secteur de l’élevage contribue de façon importante au PIB, entre 10 % et 12 % (DNSI, 2003) et constitue le troisième produit d’exportation du Mali après l’or et le coton (MEP, 2004) ; alors que l’agriculture à elle seule occupe plus de 36 % du PIB (DNSI, 2010). Elle occupe une place prépondérante dans l’économie du Mali. Elle est dominée par les cultures céréalières comme le riz et le blé en périmètre irrigué. Le secteur piscicole occupe environ 40 à 80 % de la population et contribue à une meilleure optimisation des ressources ainsi qu’à l’amélioration de l’économie nationale.

Compte tenu des aléas climatiques (arrêt précoce des pluies) dans plusieurs zones entraine une très faible crue. La pisciculture est la seule activité alternative pour la production du poisson au Mali. C’est une activité récente au Mali ; elle occupe une place marginale au sein de l’économie malienne malgré le potentiel en terres aménageables. L’activité piscicole est actuellement intégrée dans des systèmes de production en milieu rural, apportant ainsi un complément de protéines animales non négligeable à la population. Elle constitue un sous-secteur important de l’économie nationale. Le Mali produit 100 000 à 120 000 tonnes de poisson par an (DNP, 2010). Cette production assure une consommation de 10.5 kg par personne et par an. La pêche contribue pour près de 90 milliards de francs CFA à l’économie nationale, soit 4.2 % du PIB. Elle occupe quelque 500 000 personnes, avec un savoir-faire technique issu d’une longue tradition de pêche.

Baguinéda situé à 30 km de Bamako est un centre important ou s’effectue la pisciculture. C’est dans cette localité que nous avons eu la chance de mener nos recherches pour l’élaboration de la présente étude. Baguinéda dispose de 30 étangs piscicoles.

Il existe également 12 parcelles de rizipiscicole dans le cadre de la convention entre l’OPIB et la DNP. Il y a également à Baguinéda une munie écloserie et un grand centre piscicole avec un laboratoire moderne pour l’éclosion et des étangs modernes.

Malgré toute cette disponibilité, la production en poisson frais reste faible et toutes ces productions sont drainées sur Bamako et ne couvrent pas les besoins de consommation.

C’est donc pour satisfaire un besoin local et rendre disponible la consommation de poissons aux populations de Baguinéda qu’est initiée la mise en place d’un projet piscicole pour contribuer à l’augmentation de la production de poissons dans cette zone. Nous souhaiterons aider un tel projet avec l’appui de l’État et d’autres organismes internationaux à mettre en place des programmes de sensibilisation pour les acteurs désirant monter un tel projet. Cet appui porte sur la collecte et les informations pertinentes et surtout des moyens de financements, car c’est une activité très porteuse en raison de la production à réaliser mais aussi à la pérennisation des espèces destinées à la production. Elle peut être cependant un moteur, un outil de développement en contribuant à diversifier les productions et d’accroitre les revenus.

La dépendance vis-à-vis des produits d’importations peut être réduite d’où une amélioration de la balance commerciale et une économie de devise qui, bien que parfois encore marginale actuellement peut néanmoins contribuer à améliorer la situation du pays. Elle permet aussi de favoriser la biodiversité des espèces. Comme toute activité elle a aussi ses forces et faiblesses ainsi que ses opportunités et menaces.

Sa force se situe par la maitrise des niveaux d’eaux des étangs, un meilleur choix d’espèces destiné à la reproduction et l’application d’une bonne conduite d’hygiène.

Sa faiblesse est que c’est une activité récente et assez complexe qui nécessite un suivi permanent des espèces, une quantité nécessaire d’eau pour la production des alevins, un manque de financement pour l’aménagement des étangs et enfin le choix d’un site propice.

Cette activité a beaucoup d’opportunités, notamment, la non-couverture du marché malien, la croissance démographique, la faiblesse de l’offre par rapport à la demande, les possibilités d’exportation du produit vers les marchés régionaux et internationaux.

Les menaces portent sur les aléas climatiques (insuffisance de la pluviométrie, faible crue d’eau) et le manque de financement de l’État.

 

1.     Méthodologie

Nous commencerons cette étude par une approche mixte. Dans un premier temps, nous utiliserons une démarche qualitative en réalisant cinquante entretiens (technique d’échantillonnage non aléatoire) auprès des producteurs concernés par notre étude. Nous avons retenu les fermes piscicoles de Bakary Londy, de richard Toé, de Boubacar Diallo, et de Médine à Bamako. Une centaine de ménages (consommateurs) sera enquêtée à Baguinéda (échantillonnage aléatoire) pour explorer leurs préoccupations et ainsi définir leurs besoins en poissons piscicoles. Nous acheminerons avec la méthode analytique afin d’analyser toutes les informations et les données recueillies grâce à la technique d’entretien semi-direct ; la technique par questionnaire et la revue documentaire. Ces données recueillies seront traitées à l’aide du logiciel Excel sous forme de tableau pour tirer les conclusions appropriées.

 

2.      Résultats et discussions

Seules les études de marché, technique, organisationnelle et financière ont été abordées dans le cadre de ce projet. Les résultats obtenus sont présentés ci-après.

 2.1. Étude de marche

Elle a porté sur l’analyse du macro-environnement, l’analyse de l’offre et de la demande. Les résultats issus de cette étude de marché sont présentés ci-dessous.

 

2.1.1      Analyse du macro-environnement

Les résultats sont présentés ci -dessous

2.1.2      Les tendances lourdes (concurrents)

Le marché est convoité par plusieurs pisciculteurs entre autres la ferme piscicole de Bakary Londy, Richard Toé pisciculteur à Baguinéda, des pêcheurs et grossistes sur le marché.

2.1.3      Les opportunités et menaces :

Il existe des atouts importants pour la réalisation de la production piscicole notamment :

·      la disponibilité des terres aménagées et aménageables (l’Office du Niger, Sélingué, etc.)  et d’infrastructures de base pour la pisciculture (stations et centre de formation) ;

·      l’existence de lacs de retenues d’eau (les barrages hydro agricoles et hydro-électriques) ;

·      l’expérience, la connaissance et savoir-faire des pêcheurs en matière de gestion et d’exploitation des ressources halieutiques.

Il existe également des opportunités non exploitées pour développer la filière. Il s’agit de la création d’unités de transformation à caractère industriel qui permettraient une meilleure valorisation de la production et la création de plus de valeur ajoutée dont les acteurs pourront tirer les meilleurs profits.

Cependant il n’existe aucune barrière à l’entrée. De nouveaux concurrents peuvent s’implanter à tout moment. Elle connait également certaines entraves notamment :

-       la pollution des eaux par les effets de changement climatique ;

-       le manque de financement ;

-       la non-maitrise des techniques ;

-       la disparition de certaines espèces.

2.1.4      Contraintes de la filière :

La filière est confrontée à des contraintes qui affectent son développement normal. Il s’agit :

·      du coût élevé des équipements de production ; 

·      de l’insuffisance et la mauvaise qualité des moyens de conservation sur les lieux de production, de transport et de distribution tant pour le poisson frais que pour le poisson transformé ;  

·      de la faible performance des équipements de transformation et de conservation des produits de la pêche ;

·      du non-respect des normes d’hygiènes et de la qualité.

 

2.2. L’analyse de l’offre

L’analyse de l’offre a porté sur les éléments ci-après :

ü  prévisions de croissance de l’offre et de la couverture du marché ;

ü  caractéristiques des poissons sur le marché ;

ü  évolution des chiffres des trois dernières années ;

ü  sources d’approvisionnements ;

ü  sources d’approvisionnements en poisson frais issu de la pisciculture ;

ü  chaîne d’approvisionnement du poisson transformé (fumé, séché, brûlé et huile) pour les marchés de consommation domestique et de la sous-région.

L’offre du poisson est très variable selon les saisons, les régions et les zones de production du pays. Le bassin de production du delta central représente 80 % de la production nationale, soit 76 500 tonnes par an, le bassin de production des lacs (sélingué et manantali) 5 500 tonnes et le bassin de production secondaire 13 500 tonnes par an (Direction Nationale de la Pêche, 2011). Les variations de la production de poissons au cours des années indiquent un accroissement annuel de 5 % à 10 % de la production en année hydraulique favorable (DNP, 2011). Sur le marché on rencontre généralement plusieurs catégories de poisson à des prix qui varient selon la qualité du spécimen (Tableau. 1 et Fig. 1).

Tableau 1: Nature et prix des poissons d’eau douce et de mer sur le marché

Nature du poisson

prix sur le marché en FCFA le kg

Poisson d’eau douce

Tilapia zilii

2 400

Lates niloticus (capitaine)

3 750

Oreochromis niloticus (carpe)

2 400

Sarrotheorodon galilacus

2 400

Hemichromis fasciatus

2 500

Heterotis niloticus

1 800

Poisson de mer

Chinchards

1 000

Dorade

1 500

Capitaine de mer

1 500

Plat-plat

1 700

Carpe rouge

3 000

Somphate

1 500

 

Figure 1: L’évolution des prix des poissons d’eau douce et de mer sur le marché

Le Tableau ci-dessus indique l’évolution des prix des poissons d’eau douce et de mer sur le marché. Cependant nous remarquons que les prix flutent entre 1000 à 3750 FCFA selon la nature de l’espèce, les poissons d’eau douce sont en générale les plus chers par rapport aux poissons de mer sur le marché.

2.3. L’analyse de la demande

Cette analyse a porté sur :

ü  l’accroissement démographique ;

ü  la prévision de la demande future ;

ü  les besoins de couverture des marchés d’ici à l’horizon 2021 ;

ü  la fréquence et la période des grands achats ;

ü  les différents segments du marché.

La demande nationale apparente avait été estimée à 10.5kg /an habitants en 1990 (SDPA, 2006). Avec une population de 16 174 580 habitants en 2015, on estime que la demande nationale de poisson frais se situe à 126 500 tonnes.

Malgré l’importation du poisson de mer sur le marché national de l’ordre de 3000 t, le déficit de l’offre de poisson frais sur les marchés domestiques reste toujours important par rapport à la demande.

 

3.     Étude technique

 Le résultat de l’étude technique se présente ci-dessous

Notre choix est porté sur un système de pisciculture de type intensif. Les espèces d’élevage seront Oreochromis niloticus (Tilapia) et Clarias gariepinus (Silure).

 Ce choix se justifié par la disponibilité des intrants à moindre coût mais aussi par les caractéristiques de l’espèce destinée à la reproduction.

 

3.1. Caractéristiques des poissons :

 

3.1.1.    Oreochromis niloticus (Tilapia)

Oreochromis niloticus est un incubateur buccal. La femelle élève toujours ses petits dans la bouche. C’est une caractéristique stricte qui a fait opter les biologistes pour en faire un genre à part.

Photo 1 : Oreochromis niloticus (source)

3.1.2.     Clarias gariepinus (Silure)

Les Clarias appartiennent à la famille des Clariidae. Les Clarias ont le corps nu, allongé parfois anguilliforme. Dorsale plus ou moins allongée, atteignant la caudale ou presque. Ventrales, lorsqu’elles existent, à 6 rayons. Pectorales munies d’une épines.

 

Photo 2 : Clarias anguillaris (source)

3.2.  Conduite de la pisciculture :

Elle comprend la Fertilisation de l’eau des étangs, la production d’alevins et la mise charge des étangs.

3.2.1.     Fertilisation de l’eau des étangs

Elle constitue la première opération avant de remettre les poissons à l’eau. C’est la première source d’aliment pour les poissons. Le mode de fertilisation proposé sera l’utilisation de la compostière qui est un enclos dressé dans un ou plusieurs coins de l’infrastructure piscicole. Dans ce dispositif il sera stocké par alternance du fumier d’animaux (bouse de vache, fumier de petits ruminants, fientes de volaille etc.) et des déchets végétaux.

Au cours de l’élevage, les quantités et les fréquences d’apport prévues sont de 5, 10 à 20 kg/are/semaine.

 

3.2.2.     Production des poissons marchands

La production se fera au niveau des étangs de grossissement qui utilise les densités suivantes (tableau 2)

Tableau 2 : Exemples de densités et taux de mise en charge utilisés dans les conditions d’élevage en Afrique

 

 

 

 

 

 

 

Type d’élevage

Poids moyen (gr)

Densité (nbre/m²)

Tilapia nilotica

Reproduction

150 à 200

0,5 à 0,7

Pré grossissement

2 à 5

15 à 20

Grossissement

15 à 20

1,5 à 5

Type d’élevage

Poids moyen (gr)

Densité (nbre/m²)

Clarias gariepinus

Reproduction

Ecloserie

Ecloserie

Pré grossissement

1 à 3

50 à 60

Grossissement

5 à 10

6 à 10

 

Source : Fiche technique de la DNP 2010

 

3.2.3.     Mise en charge des infrastructures

Le mode d’élevage pour le grossissement portera sur la monoculture Tilapia et la monoculture du Clarias. Dans la mesure du possible les Tilapia seront sexés pour retenir les sujets mal.

3.2.4.     Processus de production

Il consiste à acheter des alevins de l’espèce de qualité qui permettra une meilleure production des alevins nécessaires pour les cycles d’élevage. La mise en charge des étangs de grossissements se fera uniquement avec des alevins mâles(Tilapia), et des clarias. Les poissons marchands récoltés (taille 500 à 600g) dans les étangs seront destinés à la commercialisation.

 

3.2.5.     La capacité de production :

Nous souhaiterons commencer au départ par des étangs de 400 m2 pour le grossissement. 1320 alevins de tilapia (15-20) soit 3960 au total, en raison de 1200 alevins par étangs (3 étangs) ; 3200 alevins de clarias (5-10) soit 9600 pour 3 étangs pour un cycle d’élevage de poissons marchands.

 

4.     Étude organisationnelle

Nous adopterons un type d’organisation fonctionnelle qui définit l’organigramme avec des fonctions et des tâches bien précises de manière à éviter des conflits de compétence.

Les principaux rôles et profils du personnel se présentent ci-après :

ü  le Directeur de la PME ;

ü  le responsable de production ;

ü  le Responsable Financier Administratif et Comptable ;

ü  l’Agent commercial ;

ü  les Ouvriers pêche de récolte ;

ü  le chauffeur ;

ü  le gardien.

La compétence des personnels concourt à l’atteinte de nos objectifs et aux missions que nous nous sommes assignées.

 

5.      Analyse financière du projet : les résultats de l’étude financière sont décrits ci- dessous

 

5.1. Analyse financière sommaire :

Il s’agit de :

ü  la détermination du coût de Projet ;

ü  la détermination des sources de financement ;

ü  la détermination du type de financement ;

ü  la détermination de la rentabilité financière du projet

Le coût du projet = investissement initial +fonds de roulement

Le coût du projet est estimé à 15.838.000 FCFA.

La rentabilité financière est calculée à partir de l’échéancier de flux financiers.

Cette rentabilité est fondée sur la détermination des indicateurs de rentabilité qui se présentent ci-dessous :

ü    Délais de récupération du capital investi(DRC) : le délai de récupération est de 3 ans à partir de l’année de l’investissement ou 2 ans à partir de l’année d’exploitation c’est à dire soit à partir de la 3éme année qu’on pourra reconstituer le capital initial ;

ü  Rendement de l’unité monétaire investi(RUMI) : Il est acceptable, sur chaque franc investi, le projet nous fasse gagner 9 francs, ce qui implique que le projet est rentable ;

ü  Valeur actuelle nette (VAN) : à 20 % du taux d’actualisation, la richesse créée par le projet est estimée à 54.077.000 FCFA. Cette richesse serait très élevée si ce taux était ramené à 10 ou 15 %, ce qui implique que ce projet est rentable ;

ü  Taux de rendement interne(TRI) : Il est élevé soit 97 %. Avec un coût du financement qui est de 14 %, cela suppose que même si le taux d’intérêt est de 40 %, le projet pourra le supporter. Donc le projet est rentable.

Tous les indicateurs calculés sont satisfaisants. Nous avons :

ü  Un délai de récupération court ;

ü  Un RUMI acceptable ;

ü  Une VAN appréciable ;

ü  Un TRI qui couvre le coût du financement.

Sur la base des indicateurs ci-dessous calculés, la rentabilité du projet est jugée globalement rentable. Par conséquent, il est viable et finançable.

 

5.2.      Analyse financière détaillée

Elle a porté sur les calculs ci-dessous :

ü  la dotation aux amortissements ;

ü  le besoin de financement ;

ü  le compte de résultat prévisionnel ;

ü  le tableau d’équilibre des ressources et des emplois ;

ü  la rentabilité des capitaux investis.

La dotation aux amortissements se chiffre à 12.599.000 FCFA.

Le projet est de 15.838.000 FCFA et sera financé à hauteur de 40 % sur fonds propres et 60 % sur emprunt (à rechercher).

Le détail du financement se présente comme suit :

Capitaux propres

6.335.000 FCFA

Montant des emprunts

9.503.0000 FCFA

Taux d’intérêt

10 %

Durée 8 ans avec 1 an de différé

8 ans

 

Le remboursement de l’emprunt se fera par annuité constante d’un montant de 1.951.000 FCFA.

Le paiement des intérêts va de 950.000 FCFA la première année à 177 000 FCFA la 8ème année

-       Compte de résultat prévisionnel : 

-       Le chiffre d’affaire prévisionnel est estimé à 15.564.000 FCFA

-       Les charges prévisionnelles sont estimées à 10.358.000 soit un résultat bénéficiaire de  5.207.000 FCFA (la 1ère année) à 18.556.000 FCFA (la 10ème année).

La capacité d’autofinancement (CAF) est aussi très positive tout au long du projet.

La CAF est la capacité pour l’entreprise de s’autofinancer et de rembourser ses dettes, de faire face à ses engagements par conséquent cette entreprise à une capacité de 134.457.000 FCFA ce qui paraît suffisant pour payer les dividendes, le renouvellement et le service de la dette.

-       Tableau d’équilibre des ressources et des emplois

Ce projet est équilibrés sur le plan de la trésorerie, car tous les soldes de trésorerie de fin d’année sont positifs et vont de 2.810.000 FCFA à 121.996.000 FCFA.

-       Rentabilité du point de vue des actionnaires, des fonds propres, des capitaux investis

Du point de vue des actionnaires, à 20 % nous avons une VAN négative de 3.413.000 FCFA, tandis qu’avec le même taux la VAN est égale à 54.077.000 FCFA du point de vue des fonds propres. S’agissant des capitaux investis, à 25 % la VAN est égal 38 602.000 FCFA et nous y avons un TRI de 78 %.

D’une manière générale, les indicateurs sont bien satisfaisants.

 

6.     Discussions :

Nos résultats ont montré que la faisabilité d’une entreprise piscicole est liée à un certain nombre de facteurs. Entre autre, le choix d’un site approprié, l’accès à un financement, le choix technique des étangs, le choix porté sur la nature des espèces à produire et l’utilisation efficace et efficience des ressources.  Nos résultats confirment  ceux de (Marc Oswald, Olivier Mikolasek 2016) qui ont suggéré que le développement de la pisciculture nécessite un accès à des financements incitatifs innovants (comme les « fonds de garantie ») qui doivent être couplés avec des dispositifs d’appui-conseil et de formation, des recherches adéquates permettant de clarifier en amont les choix technologiques posés. BENIDIRI Rebiha 2017 suggère que la pertinence d’un projet piscicole est surtout liée aux conditions écologiques du site d’étude car l’espèce d’étude s’adapte facilement aux climats et aux conditions du milieu. Nous pensons certes que le facteur écologique est aussi important mais nos résultats ont montré qu’il ne détermine pas une condition sine qua none liée à sa réussite.

Conclusion

Le projet de l’étude de faisabilité pour la création d’une entreprise piscicole à Baguinéda selon les hypothèses qui ont guidé l’étude est financièrement rentable.

L’analyse financière sommaire(AFS) montre que tous les indicateurs calculés sont tous satisfaisants .Selon l’analyse financière détaillée, ce projet génère des bénéfices importants car même avec un taux d’intérêt élevé, le projet pourra supporter.

La capacité d’autofinancement de l’entreprise est encourageante ce qui montre la viabilité et l’efficience qui sont l’un des critères pertinents dans l’évaluation du projet.

On note cependant un déficit du marché d’approvisionnement en poissons, des efforts seront menés pour rehausser le niveau de la qualité et de la quantité des produits sur le marché.

La réalisation du projet permettra un développement des activités économiques de la localité. L’épuration des eaux des étangs favorisera la préservation de la nappe aquifère et fournira de l’engrais organique aux agriculteurs de la zone. Le projet de ce point de vue est écologiquement viable. À cet effet, les promoteurs du domaine doivent respecter les mesures appropriées pour garantir cette viabilité. L’État doit, aussi, fournir des efforts pour encadrer et encourager les activités piscicoles qui sans nul doute, contribuent efficacement au développement économique du pays. Certes, la pisciculture est une activité rentable, mais un encadrement et une promotion s’avèrent nécessaires pour répondre aux objectifs de développement.

Nous suggérons des recommandations dans le cadre de l’étude selon trois niveaux

 

Niveau 1 : État 

Nous recommandons à l’État à travers ses services techniques (le ministère de l’élevage et de la pêche, et la direction nationale de la pêche

ü  d’appuyer le cadre de concertation de la filière mise en place par le PCDA vers l’émergence d’une interprofession opérationnelle pour la filière ;

ü  de faciliter l’accès aux crédits ;

ü  de renforcer un Partenariat/collaboration avec d’autres structures.

 

Niveau 2 : Organisations régionales et internationales

Mettre en œuvre   des structures de recherches vétérinaires et zootechniques dans le domaine de la filière piscicole par :

ü  le renforcement des capacités du personnel d’encadrement ;

ü  l’acquisition des équipements et matériels modernes ;

ü  la disponibilité constante des alevins ainsi que les échanges scientifiques des alevins avec d’autres laboratoires dans la sous-région.

 

Niveau 3 : Organisations piscicoles du Mali 

ü  Mettre des mesures de biosécurité en place dans les marchés et dans les fermes piscicoles en vue d’améliorer les conditions de vie des acteurs et le développement de l’activité dans le pays ;

ü  Mettre en place de guides de Bonnes Pratiques, de chartes sanitaires et de plans de biosécurité, à l’attention de tous les acteurs de la filière piscicole.

 

 

 

Bibliographie

 

-       Association Française des ingénieurs et techniciens d’estimation et de palinification Management de projets principes et pratique (Afitep.,). AFNOR 1998. 278 pages

-       BENIDIRI Rebiha. (2017) création d’un projet piscicole (Mémoire de Master). Repéré à http://dspace.univ-tlemcen.dz › bitstream

-       Bissonais J, Juillet 2003 .Management de projet de A à Z. collection ouvrage (5 e éd, 320 pages) AFNOR.

--   Casely, D. J., & Kumar, K. (1987). Project Monitoring and Evaluation in Agriculture. Baltimore and London : World Bank. The John Hopkins University Press - Direction nationale de la pêche (Mai 2011), Fiche technique de la promotion de la pisciculture Repéré à  https://www.fao.org

-       Djuatio E. (2004) Management des projets : Techniques d’évaluation, analyse, choix et planification. (Editions INNOVAL, 168 pages). Collection l’esprit économique. L’Harmatan France.

-       Dubois Kotler, Delphine Manceau. (2003) Marketing Management ; (11e édition 834 pages) Nouveaux horizons Paris.

-       Genest B.A., Nguyen T.H. (2002), Principes et techniques de la gestion de projets. (3e édition 448 pages) Québec les éditions Sigma Delta.

-       Manuel Bridier et Serge Michaïlof. (1987)  Guide pratique d’analyse de projet (5 e éd,356 pages) Economica.

-       Vallet G.(2011) Techniques de planification de projets.. (4e éd 244 pages). Collection Dunod entreprise. Dunod Paris